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Une entrevue avec l'architecte associée, Pascale Tétrault

23 avril, 2020 - Annonce
THE MONTREAL GAZETTE - 14 mars, 2020 Questions et réponses dans la Gazette de Montréal: Pascale Tétrault, Architecte associée chez Figurr, nous parle de son enfance, de son parcours professionnel en architecture et comment les projets avec les Premières Nations continuent à l'inspirer. (par Lorri Benedik)

Pour lire l'article sur le site de La Gazette, cliquez ici.

Pascale Tétrault, architecte et associée du collectif d’architectes Figurr, est née à La Présentation, petite ville de la Montérégie, aux portes de Saint-Hyacinthe. La plus jeune de sept enfants, Pascale a grandi avec ses parents et ses frères et sœurs dans leur ferme de grandes cultures où maïs, soja, orge et blé l’entouraient. Elle fréquenta l’école secondaire du Collège Saint-Maurice puis compléta le programme de sciences au Cégep de Saint-Hyacinthe. À 18 ans, Pascale déménage à Montréal pour étudier l’architecture à l’Université McGill.

Nous nous sommes rencontrées au bureau Figurr sur la rue Saint-Antoine.

Avez-vous toujours voulu être architecte ? 

Enfant, je n’avais aucune idée de ce qu’était un architecte, mais j’adorais construire des choses. Au moment où j’ai obtenu mon diplôme d’études secondaires, mon cheminement de carrière était clair. Après le cégep, j’ai senti que Montréal était le meilleur endroit où vivre pour un architecte en herbe.

McGill a été mon premier choix d’universités ; j’étais consciente de sa réputation internationale et souhaitais devenir bilingue. C’était un programme de quatre ans plus un stage de trois ans. Après ma première année, j’ai trouvé un emploi d’été dans un cabinet d’architecture local et j’ai commencé à accumuler des heures en vue de mon stage. Je suis retourné au cabinet chaque été.

À quel moment avez-vous gradué ?

J’ai terminé mes cours à McGill en 1994. Le milieu des années 90 a été une période difficile pour l’économie et a frappé particulièrement l’industrie de la construction. Certains professeurs ont même remis en question notre choix de carrière en architecture. Quelques étudiants de ma classe ont changé de profession ; l’un d’eux est maintenant mon dentiste.

C’était une période où je fondais une famille, alors on peut dire que la récession était bien choisie pour moi. Mes fils, Samuel et Merlin, sont nés en 1995 et 1997. Quand ils étaient petits, j’ai pris des contrats à domicile et, en 1998, je suis retournée travailler à temps plein avec le cabinet d’architecture Saucier Perotte.

J’ai travaillé sur le Collège Gérald-Godin, qui fut un grand et très beau projet. J’ai senti que ma carrière avait officiellement commencé à ce moment.

Que s’est-il passé ensuite ?

Un autre de nos projets était une association avec la firme d’architectes Menkès Shooner Dagenais. J’ai aimé travailler en étroite collaboration avec Anik Shooner. En 2000, j’ai reçu un appel d’un ancien collègue de McGill. Il ouvrait un bureau satellite, à Montréal, pour une entreprise américaine spécialisée dans les soins de santé et souhaitait s’étendre au Canada. Il m’a demandé si je le rejoindrais et j’ai accepté, mais après quelques années, l’entreprise a constaté qu’il y avait trop d’obstacles et a fermé le bureau de Montréal. Pendant mon temps avec eux, nous avions soumissionné sur des contrats en collaboration avec des cabinets d’architecture locaux, tels que Rubin & Rotman.

En 2003, Stephen Rotman a appris que j’étais disponible et m’a proposé un poste. J’ai accepté et je ne suis jamais partie ; en 2017, je suis devenue associée.

Il y a deux ans, nous avons rebaptisé l’entreprise pour Figurr collectif d’architectes avec des bureaux à Montréal et à Ottawa.

Figurr a-t-il une spécialité ?

Nous sommes une équipe multiculturelle avec diverses expériences et avons pris la décision consciente de ne pas se spécialiser dans un seul type de travail. Nous réalisons des projets commerciaux, institutionnels et multirésidentiels et travaillons beaucoup avec les communautés cries de la région de la Baie-James. J’aime toutes sortes de projets — en particulier les projets complexes — mais travailler avec les communautés autochtones sont mes préférés.

Sur quels projets résidentiels travaillez-vous actuellement ?

L’un d’eux est Le William (avec Groupe Quorum) situé à Griffintown. Le bâtiment comprend 162 unités de condos. Un autre projet est les condos locatifs Vita (avec Cogir) à l’intersection de Henri-Bourassa et Marcel-Laurin. Vita est un développement orienté transport (TOD) et sera construit en trois phases. Il dispose d’une salle de sport, d’une piscine sur le toit et d’un chalet urbain. La phase 1 sera achevée en mai 2020 et la phase 2 sera livrée en 2021.

Et pendant votre temps libre ?

J’aime toujours construire des choses et j’ai un atelier au sous-sol de la maison. Une autre de mes passions est le cyclisme. Mon conjoint et moi adorons faire du vélo sur de longues distances, souvent de 100 à 150 kilomètres par jour. Je fais beaucoup de sport, je fais du jogging et j’aime aller à la salle d’entraînement. Rester en forme est essentiel pour moi. Nous ne possédons pas de voiture, car nos vélos et les transports en commun nous emmènent partout où nous devons aller.

Mes enfants sont maintenant adultes ; je les vois chaque fois qu’ils ont le temps. Samuel, 24 ans, est ingénieur et Merlin, 22 ans, étudie actuellement l’ingénierie à l’École polytechnique.

Qu’est-ce qui vous motive dans votre démarche ?

J’adore l’esprit de collaboration de notre équipe. L’occasion de faire preuve de créativité est incroyable et il ne s’agit pas seulement de construire des structures — il s’agit parfois de créer de nouvelles façons de faire.

Cela peut sembler un cliché, mais j’aime améliorer la vie des autres. Je me rapproche de cet objectif lorsque je travaille sur un projet d’école des Premières Nations. Ce travail est très gratifiant et m’inspire énormément.